Vous êtes dans : Accueil > Se distraire > La nature en 3D
Moyenne : 3
Nombre de votants : 33
Seul en balade sur l’estuaire, vous percevez la beauté des paysages, la lumière unique, la richesse de la faune et de la flore. Un moment très agréable dans une dimension familière. Pourtant, vous restez à la surface de ce monde vivant, fascinant, surprenant. Pour aller plus loin, point n’est besoin de lunettes disgracieuses ou d’écrans mirifiques. Offrez-vous un guide nature et passez à la 3D.
L’estuaire est rempli d’oiseaux, il regorge d’insectes, d’amphibiens, de reptiles, de poissons, une belle diversité biologique dans laquelle on serait tenté d’insérer les guides nature. Le genre comporte de nombreuses espèces et colonise différents habitats.
Il semble aujourd’hui que toute structure liée à la nature ait intégré l’accueil du public dans sa mission. Certaines lui sont plus particulièrement dédiées comme les Pôles Nature ou les sites ornithologiques (voir encadrés). Mais d’autres logiques existent sur le territoire. Les offices de tourisme proposent fréquemment des sorties accompagnées. De nombreuses associations (voir encadré) œuvrent pour la préservation de l’environnement, certaines participent à la gestion du milieu. Pour les guides, l’accueil du public s’envisage alors comme un prolongement de leur engagement. Les variations sur la traditionnelle sortie nature sont désormais infinies : ludiques, scientifiques, interactives, sportives. Que diriez-vous de participer au programme national de recensement des capsules de raies au Parc de l’Estuaire ?
A la différence des néophytes, les guides ont le regard acéré et l’oreille fine. « Je montre aux visiteurs des choses qu’ils ne verraient pas seuls. Le martin pêcheur, je sais où il se tient habituellement » explique Camille Régnier, animatrice à Terre d’Oiseaux. Voir le héron, l’aigrette, la gorge-bleue, les migrateurs, les reconnaître, mais aussi deviner les traces de vie, lire un paysage, comprendre un milieu. Accepter aussi de ne pas voir. « Nous ne sommes ni dans un zoo ni dans une réserve » précise Eric Lavelatte de l’association Curuma. Les apprentis naturalistes « doivent apprendre la frustration » sourit Thomas Hérault, chargé d’études au Conservatoire Régional d’espaces naturels Poitou-Charentes*. Dans ce cas là, le guide évoque, explique, raconte et la flore est toujours au rendez-vous. « Ce qui compte, c’est la médiation, affirme Jean-Jacques Daury du Parc de l’Estuaire. Sans nous, le visiteur verra les essences méditerranéennes mais il ne saura pas pourquoi on les trouve ici ».
Qu’ils aient suivi une filière agricole ou purement scientifique, qu’ils soient professionnels ou bénévoles, qu’ils soient versés ou non dans l’art de la communication, les guides doivent faire preuve d’une grande capacité d’adaptation. La nature est souvent imprévisible avec de jolis moments. « Chaque visite est différente , précise Eric Lavelatte. La surprise, c’est un crapaud à couteau, une espèce protégée, qui surgit au milieu du chemin ». Même émotion pour Thomas Hérault face au butor étoilé : «Même si les gens ne sont pas des spécialistes, ils perçoivent le caractère exceptionnel de la rencontre ». Le public n’est pas moins surprenant, aussi disparate que possible, enfants et adultes, passionnés et néophytes, locaux et estivants, ruraux et urbains. « J’aime établir le contact avec chaque personne , confie Yohan Petit, responsable des randonnées au Parc de l’Estuaire, notamment durant la marche qui conduit aux points d’observation » . Le guide doit être dans l’échange, ouvert aux connaissances que certains visiteurs lui apportent et sensible au plaisir que beaucoup ressentent lors de cette « reconnexion » avec la nature.
Le guide ne décroche jamais. En vacances, en week-end, il ne peut fermer ses yeux et ses oreilles. « J’emmène mes jumelles, une longue vue, l’appareil photo » sourit Raphaël Musseau de l’association Biosphère environnement(2). Si Camille Régnier prend l’air absent lorsque vous lui parlez, « c’est que j’écoute un oiseau ». Il lui arrive aussi d’élever des papillons. Les guides font rarement ce métier par hasard. « C’est mon quotidien, confirme Yohan Petit. Enfant, je me baladais dans la nature, j’accompagnais mon grand-père à la chasse, à la cueillette des champignons. C’est ma pratique de la vie, simplement, en tant que guide, je la transmets ».
Marie-Anne Bouchet Roy
* Conservatoire Régional d’Espaces Naturels Poitou-Charentes : 05 46 84 72 08
(2) Biosphere environnement: 05 46 91 21 68
SMIDDEST
Laisser un commentaire
Les commentaires sont soumis à modération, ils seront visibles après validation du webmestre.