Estuaire de la Gironde

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L’estuaire, voie de navigation

On navigue sur l’estuaire depuis l’Antiquité. Trait d’union entre les fleuves et l’océan, la Gironde est au cœur du réseau commercial entre l’Atlantique nord et la Méditerranée. Les marchandises transitent par les ports qui jalonnent déjà l’estuaire : Royan, Mortagne, Barzan, Blaye, Brion, Bordeaux.

Ce trafic prend une importance considérable à partir du XIIe siècle, lorsque l’Aquitaine devient anglaise. L’estuaire est alors la voie principale de transport du vin vers les Pays du Nord, l’exportation pouvant atteindre annuellement 100 000 tonneaux. En retour, les poissons séchés, le drap, le cuir, les métaux et le bois arrivent du Nord. Les ports de l’estuaire sont très actifs dans ce trafic dont une grande partie se fait par cabotage. Les navigateurs sont guidés par la première Tour de Cordouan dont la construction est attribuée au Prince Noir au XIVe siècle.

Au XVIe et XVIIe siècles s’ajoutent à ce commerce la pêche morutière et les échanges avec les colonies d’Amérique, notamment le commerce négrier. À la veille de la révolution, Bordeaux est le premier port de France. Cette prépondérance s’atténue progressivement à partir du XIXe siècle mais la ville reste aujourd’hui un port important où transitent céréales, bois, minerais, produits pétroliers raffinés, conteneurs.

Concurrencé par le chemin de fer, le cabotage décline au XIXe siècle. Les voiliers laissent place aux bateaux à vapeur. Le premier en France s’essaie sur la Garonne en 1818 et porte le nom de ce fleuve. Il ouvre une nouvelle ère de transport touristique de passagers entre Bordeaux et la mer, qui se prolonge aujourd’hui avec les paquebots de croisière.

Cette intense activité de navigation, à laquelle il faut ajouter les bateaux de pêche et la plaisance, a profondément marqué l’histoire et le patrimoine de l’estuaire.

Du Grand Port de Bordeaux aux petits ports d’échouage, du phare de Cordouan aux feux plus modestes, des pilotes aux pêcheurs, de la drague aux baliseurs, bateaux à passagers et bateaux-passeurs, la vie sur la Gironde suit le fil de l’eau.